CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DES TERMINAUX DE RÉCEPTION MOBILE

Parmi les priorités des constructeurs figurent les préoccupations suivantes :

  • La puce de réception DVB-H/SH : Elle devra être capable de recevoir les signaux UHF (ceux du DVB-H terrestre) et ceux de la bande S du projet Alcatel, DiBcom et NXP (ex-Philips Semi-conducteurs). Dans les deux cas, Yannick LÉVY, Président-directeur général de DiBcom, signale que « la puce de réception devra être capable de passer d’un réseau à l’autre de façon totalement transparente» [1]. Dans ce but, ces équipes ont fait preuve d’innovation en construisant les puces de réception DIB29098, intégrant la fonctionnalité Diversité-2 (double antenne) et DIB10096, capable de démoduler les standards DVB-T, CMMB, DAB, T-DMB et DVB-SH par simple téléchargement d’un logiciel ;
  • L’autonomie : Les terminaux doivent pouvoir décoder le signal DVB et transmettre le service de télévision, sans recourir à un chargement par prise électrique, ni altérer une utilisation ultérieure pour un autre service (téléphonie, photographie et cætera). Les équipementiers ont ainsi réfléchi à la possibilité de découpage temporel : l’antenne s’allumerait 1/10 de seconde par seconde. Une durée suffisante pour recevoir une seconde entière de vidéo, stockée dans une mémoire tampon. L’antenne se mettrait ensuite en veille les 9/10 de secondes restantes. Pendant ce temps de repos, la mémoire tampon se vide petit à petit, diffusant les images sur l’écran. Puis l’antenne se réveille et un nouveau cycle recommence. Les informations manquantes n’étant perçues par la persistance rétinienne [2]. Azzedine BOUBGUIRA, responsable marketing chez DiBcom, estime ainsi que « l’autonomie du mobile est doublée et peut atteindre cinq heures de visionnage en continu » [3] ;
  • Les antennes: Un récepteur en déplacement reçoit un signal en moyenne plus altéré qu’un récepteur fixe. Les antennes doivent donc présenter une qualité permettant d’éviter les interférences entre services fonctionnant dans des fréquences différentes. Au moins trois antennes peut d’ores et déjà être anticipée : Une pour la téléphonie UMTS (troisième et quatrième génération), une autre pour la réception de la télévision et enfin une troisième permettant la transmission locale de données vers l’ensemble des terminaux constituant l’environnement de travail de l’utilisateur (aux normes Bluetooth ou Wifi par exemple) ;
  • Les capacités de stockage: Qu’elles se présentent sous la forme de barrettes de mémoire intégrées au terminal, de mini disques durs ou de cartes amovibles, les capacités de stockage feront très vraisemblablement leur apparition. Elles permettront de nouvelles formes de consommation, telles que par exemple, à l’image des PVR (Personal Video Recorder), l’enregistrement automatisé de programmes pour un visionnage ultérieur ou de contenu diffusé et stocké sur le terminal, selon de techniques de « push », mais aussi la généralisation des services transactionnels par téléchargements. Ces capacités de stockage permettront par exemple d’interrompre le visionnage d’un programme de télévision pendant une conversation téléphonique, puis de le reprendre, lorsqu’elle s’achève, au moment de l’interruption. Ces fonctionnalités préfigurent sans doute la généralisation des services de téléchargement de fichiers à destination des terminaux téléphoniques. Ces options s’insérant parfaitement dans le cadre de la télévision mobile sous réserve d’une réponse satisfaisante en matière de copies temporaires d’œuvre, protégées par le droit d’auteur (en application avec l’article L. 122-2 du Code de la propriété intellectuelle) ;
  • Le confort d’écoute : Afin de favoriser les usages individuels ou collectifs, le récepteur doit pouvoir disposer d’un haut-parleur offrant une qualité auditive en adéquation avec la qualité visuelle. Le volume de lancement des services de télévision mobile doit être pris en compte pour les utilisateurs de casques écouteurs ;
  • Le confort de visualisation : L’écran, qui représente aujourd’hui environ le quart du coût total des téléphones mobiles évolués, doit s’adapter au visionnage de la télévision mobile (le 16/9 devenant le format du tournage de la TNT). Les nouveaux modèles attendus devraient disposer d’écrans ayant une diagonale d’au moins 6 centimètres [4]. Ils seront munis de systèmes de recadrage pour s’adapter automatiquement à l’émission choisie. Nous pouvons également nous poser la question si cet écran devra être systématiquement intégré au terminal mobile ou s’il sera proposé en complément, venant alors se connecter sur ce dernier (écran ou vidéoprojecteur miniatures).

 


Notes :

[1] Propos extrait de l’article « La télévision mobile se branche sur le satellite », quotidien Les Échos, 4 octobre 2006.

[2] Au-dessus de 24 images par seconde, cadence du cinéma, l’œil ne perçoit pas de saccades. Il est généralement admis que ce taux peut être réduit jusqu’à 15 images par seconde tout en permettant une fluidité acceptable.

[3] Nous verrons à ce sujet l’article « Télévision sur téléphone mobile : le DMB concurrence le DVB-H », revue Les Échos, 14 septembre 2005, mais également l’article « Les promesses de la télévision mobile personnelle », revue Micro Hebdo, hors série n° 52, septembre-octobre 2009.

[4] Une étude « Use it » révèle que les écrans 4 pouces sont très largement plébiscités à 85 % pour l’utilisation de la télévision sur téléphone mobile.

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LES NOTIONS CLÉS CONCERNANT L’INTERACTIVITÉ ET LA PUBLICITÉ SUR LA TÉLÉVISION MOBILE

Au fil des entretiens, de lectures et de réflexions sur le sujet, sept facteurs se sont dégagés auquel nous devons prendre en considération.

  • Premièrement, la télévision mobile est appelée à connaître un succès auprès des Français. Elle deviendra en fonction des services de communication audiovisuelle diffusés, une « télévision mobile populaire» [1] ;
  • Deuxièmement, la télévision mobile, publicité incluse, convergera avec les services déjà existants (applications, « widgets», liens hypertextes, plateformes) et les services interactifs futurs [2]. Cet ensemble média comprendra les offres de géo-localisation (GPS [3], AGPS, fonctionnalités « Bionic Eye », « Nokia MARA », « Google near me now », « Google Latitude » et « Facebook Places »  [4]) qui croissent de manière exponentielle sur le marché des technologies mobiles ;
  • Troisièmement, la publicité retransmise sur la télévision mobile, par les conditions de visions très différentes de la télévision classique (qui évolue vers des écrans en haute définition et des écrans en relief [5], aux diagonales de plus en plus larges), justifie un traitement spécifique. Les thèmes visuels des publicitaires (sentiment d’évasion/d’émotion, écriture numérique, slogan, ergonomie cognitive, manière dont les signes s’organisent) voient leurs impacts réduits sur des écrans inférieurs à 4 pouces. Son utilisation va donner de nouvelles habitudes, des chemins de lecture visuelle et auditive plus similaire au média Internet ;
  • Quatrièmement, la tendance, ou plutôt devrions nous dire la tentation à la publicité par ciblage comportemental ou à la pratique du « stalking » [6], mise en alerte par la Commission européenne et la Cnil [7], n’apporterait pas de réponses viables et serait considéré de manière intrusive pour les utilisateurs [8] ;
  • Cinquièmement, dans le cas d’un déploiement d’une offre géo-ciblée, les zones de couverture des sites émetteurs sont en adéquation avec les zones de chalandises de la plupart des enseignes représentées sur le média télévision ;
  • Sixièmement, qu’il serait dangereux pour les modèles économiques des médias de manquer le créneau du marché local, visé par des grands groupes américains. Ces derniers offrant des vecteurs publicitaires à des annonceurs jusqu’ici d’une trop faible taille pour accéder aux médias nationaux.
  • Septièmement, la mise en place de la télévision mobile, quant à la construction du réseau, qu’à la création de contenus spécifiques, nécessite des revenus additionnels immédiats.

Nous avons ainsi évalué que la publicité audiovisuelle différentiel, notamment géo-ciblée, aurait sa place dans l’environnement de la télévision mobile. Elle permettrait de proposer aux annonceurs, une redistribution de l’espace publicitaire en fonction de la localisation des sites émetteurs. Ces derniers auront la possibilité de personnaliser leurs publicités avec l’apport de la localisation (rajout de données sur l’emplacement de l’enseigne, adaptation aux spécificités du marché cible, prolongement de la théâtralisation de l’espace de vente, réponse aux désirs de conversation et de proximité des clients). Cette publicité audiovisuelle géo-ciblée convergerait avec des applications interactives, notamment tactiles, afin d’accompagner la relation utilisateurs-points de vente.

Il apparaît donc important dès aujourd’hui d’assumer de manière courageuse et conséquente les choix relatifs aux futurs modèles publicitaires, d’instaurer le dialogue entre les acteurs, de lever les tabous, de désamorcer les craintes, de mettre en mouvement les forces en présence afin de ne perdre l’initiative face aux développements croissants de la publicité sur les terminaux mobiles et de donner de réels moyens à la télévision mobile, d’être une offre rentable et pionnière.


Notes

[1] Terme utilisé par Cyril VIGUIER pour définir la télévision mobile.

[2] On sous-entend les services interactifs prévus dans les dispositions des articles 30-5 et 30-7 de la loi du 30 septembre 1986, modifié par la loi du 5 mars 2009.

[3] Le GPS (Global Positioning System ou Géo positionnement par satellite) permet de se localiser et de s’orienter grâce aux informations transmises par satellite.

[4] 10 à 12 millions de Français se connectent tous les jours sur Facebook, contre 7 millions de personnes en prime time sur TF1.

[5] Sony a lancé son premier équipement adapté à la réception de programmes audiovisuels en relief. Une chaîne de télévision en relief a émergé en juin 2010 par l’intermédiaire du groupe britannique de télévision par satellite British Sky Broadcasting (BSkyB). En France, Orange a proposé des premiers matchs de Roland Garros en relief sur un canal spécifique.

[6] La pratique du « stalking » désigne le harcèlement d’une personne à dessein et de façon réitérée, par l’envoie répété et non désiré de messages (spams commerciaux, pop-ups, impossibilité de « zapper »). Ce type de messages apparaît sur les plateformes vidéo du réseau « unicast » de quatrième génération.

[7] Alex TURK, président de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), martèle qu’« il y a urgence à ce que les acteurs de ce marché édictent une chartre déontologique, afin d’éviter les dérives et abus du ciblage comportemental », propos recueillis par Sonia DEVILLERS, extrait du quotidien Le Figaro, 20 août 2009.

[8] Le terminal mobile est perçu comme un objet individuel voir intime. Il s’est approprié un imaginaire sur le plan corporel (« On le porte sur soi »). Selon l’enquête « In fact », réalisée en juin 2009 par Synovate auprès de 8 000 propriétaires de téléphone portable issus de onze pays à travers le monde, dont la France : 75 % n’imaginent pas quitter leur domicile sans et 25 % avouent qu’ils préféreraient perdre leur portefeuille plutôt que leur portable. Nous pourrons approfondir ce thème en visualisant l’article « Le portable, même au lit », quotidien Aujourd’hui en France, 10 septembre 2009.

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L’INFLUENCE DES LIEUX SUR LES TYPES DE CONSOMMATION

Les acteurs de la télévision mobile s’accordent à dire que le contexte d’usage (espaces familiers, présence ou non de tiers) est privilégié car il détermine les différents types de consommation [1].

Au sein du foyer [2] :

  • Une télévision de substitution : La télévision mobile deviendrait au sein même du foyer une alternative au poste de télévision traditionnel (séjour, cuisine). Elle pourrait être notamment utilisée pour ne pas troubler la tranquillité d’autrui (décalages d’horaires) ou par les jeunes pour s’affranchir vis-à-vis des parents et du téléviseur familial.
  • Une télévision de transition : De manière brève et sans l’utilisation des fonctions « pause ou enregistrement», elle permettrait de pallier l’absence de vue d’un poste de télévision traditionnel. Elle offre la possibilité de ne pas rater une action sportive, une question-réponse ou un flash d’informations.

En dehors du foyer :

  • Une télévision utilitaire : La télévision mobile serait utilisée de manière rationnelle par la recherche de contenus spécifiques (rituel matinal lié au suivi de l’actualité, obtenir des informations en continu, accès à un guide touristique vidéo). Ces programmes audiovisuels intégreraient une convergence avec des applications interactives déjà existantes [3].
  • Une télévision d’occupation : Utilisé de manière individuelle ou collective [4], la télévision mobile permettrait d’atténuer le sentiment de lassitude ressentie dans des espaces clos et purement fonctionnels (salle d’attente, transports en commun, métropolitains, véhicules) [5]. L’usage des terminaux mobiles est d’ailleurs adopté dans ces espaces. 53 % des Français jugent son usage convenable dans un train, 52 % dans le bus, le métro ou le tramway [6]. Diffusé par le téléphone des parents ou par des récepteurs embarqués, ces écrans permettraient de divertir notamment les enfants lors de courts déplacements quotidiens (école-foyer) ou de déplacements annuels plus longs (congés) [7]. En France, le temps de transport quotidien s’élève à 66 minutes par jour [8].
  • Une télévision de substitution : Lors de déplacements (location de vacances, séjour à l’hôtel), elle permettrait de pallier l’absence temporaire d’un téléviseur fixe.

Une télévision de transition : En attendant de pouvoir s’installer confortablement dans son salon, il s’agirait pour l’utilisateur de ne pas rater son programme favori ou un programme fédérateur (le début d’un événement sportif par exemple). En fonction des contenus que proposeraient les chaînes, ce type de consommation pourrait devenir un véritable moyen pour fixer l’utilisateur au « pré-access » [9] ou au « access prime-time » [10].


Notes :

[1] On verra à ce sujet les écrits de Florence LE BORGNE-BACHSCHMIDT, responsable du pôle Télévisions à l’Institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe (IDATE), notamment dans la revue Les nouveaux dossiers de l’INA, n° 4, avril 2005.

[2] Lors d’une réunion le 3 décembre 2009 au Secrétariat d’Etat chargé de la prospective et du développement de l’économie numérique, Arnaud LUCAUSSY (SFR) a indiqué que la moitié de la consommation de télévision mobile actuelle se fait à l’intérieur d’un bâtiment.

[3] Dans l’article « Tout pour la génération iPhone » de la revue Courrier International du 5-11 février 2009, Rob GRIMSHAW, directeur de FT.com (version électronique du Financial Times), signale que « la plupart de ces lecteurs souhaitent recevoir un résumé quotidien de l’actualité sur leur portable. Plusieurs études ont montré que les utilisateurs de ce service étaient des jeunes. C’est un excellent moyen pour nous de répondre à leur attente et d’explorer un nouveau marché pour les annonceurs ». Le lancement de la nouvelle plateforme m.ft.com pour les portables prévoit ainsi une interface tactile et un accès plus rapide aux contenus du journal.

[4] D’après un constat publié dans le dossier « Les usages avancés du téléphone mobile » de la revue Réseaux, n° 27, juillet-septembre 2009, 28 % des usages de télévision sur mobile des femmes et 15 % des usages des hommes sont collectifs. Les usages collectifs des femmes se déclinent en 15 % avec des relations de travail et en 13 % avec un proche. Pour les hommes, les usages collectifs se répartissent entre 4 % d’usages avec des relations de travail et 11 % avec un proche.

[5] Nous verrons à ce sujet l’article « Le marquage publicitaire de l’espace parisien : Frontières et territoires » d’Anne-Aurélie MARCHAL publié dans la revue Communication & Langages, n° 155, mars 2008. Nous reprendrons également les résultats d’enquête du Val lillois rapportés dans un article paru dans le quotidien Le Monde, daté du 28 octobre 2000. Cette enquête nous montre clairement comment la publicité peut être utilisée comme ressource pour « ré-humaniser » un territoire. Elle génère une forme de communication, s’adressant à tous individuellement, elle redonne vie à ces lieux, qui, malgré une surfréquentation sont avant tout des lieux de solitude.

[6] Etude réalisée auprès de 1 200 personnes et publiée par TNS Sofres, repris dans le quotidien Le Figaro, 3 décembre 2008.

[7] On remarque toutefois qu’aucune chaîne pour enfants n’a été sélectionnée lors du premier choix d’appel d’offre du CSA.

[8] Hors-série « La mobilité : de l’Homo Numericus à l’Homo Mobilis », Marketing Book 2009, TNS Sofres.

[9] On désigne par « pré-access », le créneau horaire, situé entre 17h00 et 20h00, qui accompagne le téléspectateur (constitué surtout de « la ménagère de moins de 50 ans » et de jeunes, tout juste sortis de l’école) vers le « prime-time ». Sur la télévision traditionnelle, ce créneau est un véritable carrefour stratégique en termes d’audiences et de recettes publicitaires pour les chaînes. Il voit le nombre de téléspectateurs doubler en deux heures. D’un peu plus de 11 millions de 4 ans et plus, à 18h, le public passe au global à près de 22,5 millions à 20h. Soit un apport de près de 6 millions d’individus par heure, ou de 1 million toutes les dix minutes.

[10] On définit par « prime-time », le créneau horaire correspondant à la première partie de soirée (20h00-22h30). C’est la tranche où l’on constate les plus fortes audiences de la journée et donc la plus convoitée par les annonceurs.

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GÉNÉRER DES REVENUS VIA LES ÉDITEURS DE SERVICES TÉLÉVISUELS

La légende :

  • 1 : achat d’espaces publicitaires dans la programmation des chaînes télévisuelles ;
  • 2 : achat de programmes audiovisuels publicitaires (géo-ciblés ou non) ;
  • 3 : achat de programmes interactif publicitaires (géo-ciblés ou non) ;
  • 4 : programmation d’espaces publicitaires au sein du média Internet ;
  • 5 : recettes provenant du flux de visiteurs sur l’application ou le site Internet mobile ;
  • 6 : retour sur recettes ;
  • 7 : programmation d’espaces publicitaires au sein du média télévisé ;
  • 8 : consommation des produits et services (achat en direct ou différé) ;
  • 9 : connexion et utilisation de services interactifs auprès du service de l’opérateur de téléphonie mobile ;
  • 10 : bouquets de chaînes thématiques à forte valeur d’usage. Les chaînes n’en tireront certes que peu de bénéfices financiers, mais le surplus de visibilité conféré par la diffusion en mobilité en font une solution intéressante pour des antennes dont la faible audience ne justifie pas une diffusion broadcastée ;
  • 11 : recettes de l’interactivité et de la publicité (l’efficacité du ciblage socio-culturel étant accrue sur les chaînes thématiques) ;
  • 12 : redistribution de la valeur due à l’interactivité provenant des services télévisuels édités par le réseau broadcast ;
  • 13 : bouquets de 16 chaînes sélectionnées par le CSA ;
  • 14 : retour sur recettes ;
  • 15 : services télévisuels édités par le réseau unicast ;
  • 16 : redevance audiovisuelle (taxe prélevée auprès des auditeurs et téléspectateurs, qui a pour objet le financement partiel ou principal des antennes publiques de radiodiffusion et de télévision) ;
  • 17 : services télévisuels édités par le réseau broadcast avec décrochage géographique.
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QUEL NIVEAU D’INNOVATION ?

Les sociologues de l’innovation [1] se sont intéressés au parcours qui a conduit des innovations soit à s’imposer, soit à tomber dans l’oubli. Il s’agit d’innovations à dominante technique ou à dominante sociale. Ils constatent :

  • Ce n’est pas la qualité intrinsèque de l’innovation qui fait qu’elle va ou non s’imposer, mais le processus sur lequel elle s’appuie et en particulier la consolidation et l’élargissement du réseau qui la porte ;
  • Ce processus est pavé de controverses à travers lesquelles les faits se construisent et l’innovation s’élabore ;
  • Ce réseau va se consolider par rallongement, en intégrant de nouvelles entités.

1

L’espace d’innovation en quatre dimensions, permet de situer l’objet selon les variables influant sur la catégorie de l’innovation. Les innovations peuvent appartenir aux différentes dimensions suivantes : elles peuvent être des innovations de produit (niveau 1), de service (niveau 2), de processus (niveau 3), ou bien marketing (niveau 4). La télévision mobile est une nouveauté pour le grand public impliquant de nouvelles technologies, elle n’est donc ni de niveau 3 ni de niveau 4. De plus, cette innovation pouvant se commercialiser sur différents supports, nous pouvons dire qu’elle a des implications techniques sur les produits concernés mais n’est pas à proprement parler une innovation produit.

Cependant, le service offert par la télévision mobile est identique à celui offert par des produits existants tels que les télévisions portatives. Peut-on alors considérer la télévision mobile comme une innovation de service ?

Si nous répondons à cette question par la négative, alors il est injustifié de parler d’innovation. Pourtant cette dernière apporte un élément nouveau : l’intégration du service de télévision en mobilité sur un téléphone portable. Ainsi, même si la télévision mobile n’est pas un nouveau service, elle renouvelle le service de télévision en mobilité et acquiert par là-même le statut d’innovation de service (niveau 2). Les degrés d’inventivité proposés par Altshuller (1999) sont au nombre de cinq : solution apparente liée aux connaissances d’un individu (niveau 1), amélioration mineure liée aux connaissances d’une entreprise (niveau 2), amélioration majeure liée aux connaissances de l’industrie (niveau 3), nouveau concept lié aux connaissances toutes industries confondues (niveau 4), et découverte liée à l’ensemble des savoirs (niveau 5). La télévision mobile est, comme nous l’avons vu, une suite logique du phénomène de convergence des média, associé à la multiplication des fonctions intégrées dans un téléphone mobile. Nous pouvons donc assurer qu’il ne s’agit pas d’une découverte, au sens d’Altshuller. La télévision mobile faisant appel aux connaissances non d’une seule entreprise mais de toute l’industrie des télécommunications (téléphonie mobile, audio-visuel, etc.), je me permets de considérer qu’il s’agit d’une amélioration majeure, c’est-à-dire que son degré d’inventivité est de niveau 3. La complexité technologique peut être faible (niveau 1), moyenne (niveau 2) ou haute (niveau 3). La télévision mobile est une innovation faisant appel à de la haute technologie, aussi elle n’appartient clairement pas au niveau 1. Cependant, une hésitation serait légitime entre les degrés 2 et 3. En effet, comme expliqué au paragraphe II.2.ii, la télévision mobile peut être diffusée selon deux technologies distinctes. D’un côté, la diffusion unicast étant parfaitement maîtrisée par les opérateurs de téléphonie mobile, un degré de complexité 2 serait approprié.

D’un autre côté, la diffusion broadcast n’est pas réellement maîtrisée par les opérateurs, un degré de complexité 3 pourrait être accepté. Considérant que les opérateurs de diffusion télévisuelle maîtrisent les techniques de diffusion broadcast et les opérateurs de téléphonie mobile celles de diffusion unicast, et sachant que ces deux technologies sont juxtaposées de façon transparente pour l’utilisateur, sans être pour autant mélangées, il me parait judicieux de considérer que la télévision mobile a une complexité technologique moyenne, c’est-à-dire de niveau 2. Enfin, la variable ‘portée de l’innovation’ comporte trois degrés : microéconomique (niveau 1), national (niveau 2), ou bien macroéconomique (niveau 3). Il est évident que la télévision mobile a des répercussions bien plus vastes que les entreprises de télécommunications. Il s’agit même là d’une innovation dont la diffusion mondiale a été rapide. Néanmoins, dans le cadre de cette étude nous nous intéressons uniquement au marché français, d’autant plus qu’il n’est pas leader mais suiveur en matière de télévision mobile, l’Asie étant par exemple bien plus en avancé que la France sur le sujet. La télévision mobile a donc une portée nationale, c’est-à-dire de niveau 2.


Notes :

[1] Nous nous référerons notamment aux écrits de Michel CALLON et Bruno LATOUR.

[2] La notion de message publicitaire est défini par l’article 2 du décret du 27 mars 1992 modifié par les décrets du 7 octobre 2003 et du 6 novembre 2003, à savoir : « Constitue une publicité, toute forme de message télévisé diffusé contre rémunération ou autre contrepartie en vue soit de promouvoir la fourniture de biens ou services, y compris ceux qui sont présentés sous leur appellation générique, dans le cadre d’une activité commerciale, industrielle, artisanale ou de profession libérale, soit d’assurer la promotion commerciale d’une entreprise publique ou privée. »

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QUELLES DURÉES DE VISIONNAGES ?

Il ressort des expérimentations effectué sur la ville de Paris [1] que la durée moyenne constatée de consommation est d’environ 20 minutes par jour, divisées en 4 ou 5 sessions de 4 à 6 minutes, ce qui représente un volume de données échangées pour ce service d’1 Gb par mois et par client, soit hors plan spécifique, une facture moyenne de 55 euros [2].


Notes :

[1] Ces expérimentations ont été présentées par le Forum TV Mobile au premier semestre 2006.

[2] Extrait du rapport de la mission VIGUIER, mars-juillet 2009.

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LE PAIEMENT DE DROITS DE DIFFUSION : L’APANAGE DE LA TELEVISION PAR VOIE 3G/4G ?

Dans le cas d’un système de l’achat de droits de diffusion utilisé notamment pour les services de la télévision par voie 3G/4G, les agrégateurs et distributions des services achètent une licence annuelle leur accordant le droit de diffuser un service pour un support de réception et une zone géographique donnée. Les revenus des éditeurs de services télévisuels ne varient de ce fait pas en fonction du nombre d’abonnés aux services et des recettes qu’ils génèrent. Pour que l’activité d’édition d’un service de Télévision Mobile Personnelle apparaisse rentable en utilisant ce type de rémunération, il faudrait ainsi que le prix des licences soit en mesure de combler l’ensemble des coûts d’infrastructures et de diffusion des chaines tout en générant une marge pour les éditeurs ce qui reviendrait à faire peser tout les risques liés à un éventuel échec commercial de la télévision mobile sur les épaules des seuls opérateurs de téléphonie et distributeurs de services audiovisuels ce qu’ils ne se résoudront bien entendu jamais à faire. Nous penserons cependant que cette formule est vouée à rester le mode de rémunération dominant pour les chaines à moindres audiences reprises par la télévision par voie 3G/4G.

Le reversement d’un pourcentage sur les recettes générées par les abonnements des distributeurs commerciaux des offres mixtes vers les éditeurs de services télévisuels concernés, s’imposera donc très certainement comme le mode de redistribution de la valeur d’échange. Cette solution semble en effet être la plus pertinente car elle permettra d’une part aux éditeurs de rentrer dans leurs comptes à moyen terme et réservera d’autre part une marge suffisamment confortable aux distributeurs pour les encourager à porter en avant cette nouvelle forme de télévision mobile. Les reprises de chaines en simulcast de la télévision par voie 3G devraient pour leur part continuer de se négocier sur la base d’achats de droits de diffusion, cette solution étant la plus économique pour les deux partis en lisse.

Il semble peu probable qu’un diffuseur réel engage la totalité des mouvements stratégiques décrits dans le cours de cette étude. Cette affirmation n’invalide cependant aucunement le modèle économique.

Le succès de la publicité sur la télévision mobile dépendra de plusieurs éléments :
– Elle se doit tout d’abord d’apporter une expérience réellement convaincante, tant d’un point de vue contenu ergonomique (visualisation adapté du message publicitaire) que d’un point de vue contenu interactif (programme conversationnel et participatif).
– Les messages publicitaires et la programmation du bouquet de chaînes accompagnant ceux ci, devront s’adapter aux rythmes et formes d’usages : On ne consomme pas de la même manière selon le lieu (transports, foyer, travail) et l’horaire (pics d’audience).

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